Phil' vite!

18 octobre.

Nous quittons la petite île de Siquijor pour rejoindre la grande île de Cebu. Notre but est de remonter toute l'île du sud ouest au nord est pour rejoindre une autre île, perdue au nord de Cebu: Malapascua. Il nous reste 6 jours avant de prendre l'avion pour Manille et d'assister au concert géant des Black Eyed Peas!

Dans l'bus pour Moalboal!

Nous n'avons que quelques centaines de kilomètres à vol d'oiseaux entre notre position actuelle et Malapascua... Mais encore plus que dans les pays que nous avons visité avant les Philippines, ici, les distances ne se comptent pas en kilomètres, mais en heures de trajet.

Il nous faudra prendre 4 tricycles, 3 bus et 2 bateaux – en 6 heures - pour rejoindre Moalboal, station balnéaire « très touristique » selon le Lonely, réputée pour sa plage de sable blanc et ses spots de plongée. La météo capricieuse des derniers jours ne nous a pas vraiment permis une pause « cocotiers et sable blanc »... une halte à Moalboal nous semble donc idéale! Sur place, nous sommes décidés à partir sur « White beach », au nord de Moalboal. Un coin un peu jet set, où la plage est parait-il magnifique. Choux blanc. Pas de plage, ou du moins, un plage vraiment super moche. En revanche, le prix des hôtels est vraiment jet set!

Nous repartons donc vers le village, où nous trouvons un super hôtel avec piscine... et cuisine suisse, le tout à un prix philippin! Comme tout le monde sait, une journée de trajet passée sous une chaleur accablante, on se dit que c'est un peu comme rentrer d'une journée de ski à Verbier: les conditions sont idéales pour déguster une WienerSchnitzel avec rösti et bonne bière!

45 minutes plus tard, après avoir fait honneur à la cuisine philippino-helvétique, nous parcourons difficilement les quelques mètres qui séparent la table de notre chambre et faisons honneur à notre lit.

Les rayons du soleil nous réveillent quelques heures plus tard... du soleil... enfin!

En moins de deux, Claire sort le bikini et décrète la journée « glandouille ». Une chaise longue, un jus de pastèque, la p'tiote est lancée. De mon coté, armé des désormais traditionnels masque-palmes-tuba, je pars vers le bord de mer, bien décidé à voir ce que les fonds marin de Moalboal ont dans le ventre.

A peine dans la flotte, c'est le ciel de Moalboal qui me montre de quoi il est capable: en moins de 3 minutes, un immense nuage sombre recouvre la mer. Avant même que je dise « glou », un véritable déluge s'abat sur Moalboal. Je me retrouve sur une petite plage et rejoint un pêcheur abrité sous un arbre. Il me salue et me dit que dans 5 minutes l'orage sera loin. Je jette un coup d'œil au ciel, puis le regarde, sceptique. 4 minutes 30 plus tard, la pluie à cessé et le pêcheur retourne à la mer avec son masque et ses filets. Il m'indique où aller pour espérer voir des tortues de mer...

Tout fou, je pars à mon tour... et découvre sous mes yeux un véritable forêt de corail. Je n'avais jamais vu ça! Rose, jaune, vert, bleu...des couleurs incroyables! Comme hypnotisé, je ne sais plus où donner de la tête: des centaines de poissons multicolores, une eau limpide... un instant unique. Et l'instant devient magique lorsque, trois mètres à peine sous mes palmes, une superbe tortue de mer croque les algues accrochées à un rocher. Je n'en crois pas mes yeux. Je sors de l'eau, à la recherche d'un autre nageur pour partager ma joie... il n'y a personne. Juste cette tortue et moi.

Pendant 2 bonnes minutes, je la suis avant de la perdre dans le bleu...

Allez, c'est le moment "Enzo" histoire d'en mettre une deuxième couche sur la Fiat 500:

Nemo was here!  Stars in the eyes   Tortuga!  On a retrouvé le bonhomme de pain d'épice!  Make it blue

Un sourire débile accroché au visage, je retourne vers la chambre... Pendant que je marche à travers le village, je me dis que j'ai quand même l'air super débile depuis qu'on est parti faire ce tour du monde: j'arrête pas de sourire bêtement.

Le lendemain, nous devons partir sur Cebu City, avant de rejoindre l'île de Malapascua. La patronne de l'hôtel, qui doit elle aussi se rendre à Cebu, nous propose de l'accompagner. Nous prendrons un minibus: moins cher que le bus et plus rapide. Parfait! deux heures et une crevaison plus tard, nous arrivons à Cebu City, deuxième ville du pays. Le temps de sauter dans un taxi pour la gare routière, Il est environ 11 heures. Nous avons entendu que les derniers bateaux publiques pour Malapascua larguent les amarres à 16 heures. La durée prévue de notre trajet en bus est de 4h30. C'est jouable. Chanceux, nous arrivons à grimper dans un bus sur le départ. Et nous voilà en route pour Maya, petit bled d'où les bateaux embarquent marchandises et touristes pour Malapascua.

Il fait 35 degrés. Sur la route, nous longeons les champs de canne à sucre du Nord de l'île de Cebu et arrivons finalement à destination. Il est 15h30 – on est dans les temps!

Le bus nous débarque à quelques mètres de l'embarcadère. Sur place, plusieurs bateaux à balanciers sont amarrés à une jetée faite de pierres.

Nous nous arrêtons devant un petit cabanon. Il est écrit Maya – Malapascua: 80 pesos par personne. Personne dans le cabanon, mais une petite troupe de pêcheurs devant. Je demande à l'un d'entre eux quand part le prochain bateau. Il me répond qu'il ne sait pas: il y a 26 places sur le bateau et nous ne sommes que trois à l'embarcadère. Il faut donc attendre le prochain bus. Sauf que le prochain bus arrive dans une heure. Et dans une heure, il n'y aura plus de bateau « public ».

Le sourire pas vraiment franc du collier de notre pêcheur nous fait dire que ça sent pas très bon... Prévenu par notre Lonely (pour une fois, on dit MERCI le Lonely!) que le sport national à Maya est de faire croire aux touristes qu'il n'y a pas de bateau public pour leur vendre une traversée 10 fois plus chère... je dis aux pêcheur que nous allons attendre. Très vite, un autre pêcheur vient nous voir et nous propose de nous amener tout de suite à Malapascua pour la modique somme de 800 pesos. On refuse gentiment, on lui dit qu'on à le temps, qu'on est pas pressés, qu'on va attendre l'autre bateau. Le gars repart, un peu agacé. Quelques minutes plus tard, un petit groupe de philippins arrivent avec des valises, ils passent devant le cabanon et embarquent directement sur un bateau. Je vais voir l'un d'eux et lui demande combien il paye pour aller sur l'île. Visiblement gêné, le passager répond qu'il ne sait pas, que c'est la première fois qu'il va à Malapscua, que ce n'est pas lui qui a payé... Je me retourne et revoilà notre pêcheur qui nous propose un « tarif spécial discount de vacances seulement pour moi: 400 pesos et on part maintenant ». Bon, maintenant, on est sûr qu'il essaye de nous avoir. Je lui répond que nous payerons le tarif normal de 80 pesos par personne et qu'on va attendre le bateau public. Visiblement agacé, il repart... et lance regard vers une p'tite bonne femme, assise à coté du cabanon. La femme se lève nonchalamment et entre dans le cabanon. Elle me regarde, sort une petite caisse en bois et me dit « Malapascua, eighty pesos! ». Claire et moi regardons la p'tite dame... avec des yeux de merlan frit philippin. Depuis 20 minutes, toutes les personnes sur cette jetée ont essayé de nous avoir et tout d'un coup, comme par magie, les tickets de bateaux publics sont en vente.

Trente secondes et 160 pesos plus tard, nous rejoignons les touristes philippins sur un gros bateau à balancier. Au passage, on se fait quand même soutirer 20 pesos par sac pour une taxe imaginaire de transport du sac sur le bateau. On commence à avoir un peu les boules. Mais c'est l'Asie, on garde le sourire...

Nous arrivons bientôt sur un petit coin de paradis... Décidément, il y a beaucoup de coins de paradis aux Philippines! Une île minuscule, sable blanc, mer turquoise et aucun touriste visible... Malgré cela, une demie douzaine de rabatteurs nous attendent à la sortie du bateau. Bon, ce coup là, on va porter nos sacs! Nous partons pour un hôtel recommandé par le Lonely. Les prix sont 5 fois plus hauts que sur le guide. Autre hôtel, même punition. Nous commencons à douter sérieusement d'avoir fait le bon choix en venant à Malapascua. Fatigués, nous tentons un nouvel hôtel. Nous ne sommes qu'à moitié surpris d'apprendre qu'il ne reste plus que des chambres climatisées... de catégorie supérieure, et le prix qui va avec. Nous remettons nos maisons sur le dos et repartons sans demander notre reste... Et là, un danois aperçu sur le bateau Maya-Malapascua vient vers nous et nous demande quel type de chambre nous cherchons et à quel budget. Nous lui répondons... « Donnez moi deux minutes ». trente secondes plus tard, il revient vers nous et demande à l'employée qui nous a reçu quelques minutes plus tôt de nous amener vers une chambre à quelques mètres de là. Une nouvelle fois, comme par enchantement, les portes s'ouvrent... Finalement, il y avait bien des chambres « standard », trois fois moins chères que les autres... Et c'est grâce à ce danois, pote du proprio, que nous dormirons dans une super jolie chambre, à un prix raisonnable.

p1060281.jpgEnfin! Il est aux alentours de 17 heures, nous posons nos sacs et courons vers la plage. Sauter dans la mer à 30 degrés n'aura jamais été aussi bon!

Nous passerons 3 jours de pur bonheur à Malapascua. La gentillesse des habitants efface bien vite les difficultés pour arriver sur cette île. Les chevilles gentiment gonflées, nous aimons même le sentiment d'avoir passé une sorte de test - avec succès! -pour avoir le droit d'être ici.

Le lendemain, nous partons avec un pêcheur et ses deux fils faire le tour de l'île. Eau limpide, jardins de coraux multicolores et même une épave d'un navire japonais coulé lors de la deuxième guerre mondiale... notre pêcheur, d'une gentillesse que nous retrouvons si souvent chez les philippins, nous livre quelques secrets de l'île.

 

Fascinés par ses fonds marins uniques, je me décide le lendemain à tenter de plonger pour la première fois de ma vie! Une expérience incroyable – pas peu fier d'être descendu à 8 mètres! - , qui laisse un souvenir fantastique dans ma tête.. et sur mon genou grâce à une méduse un peu trop affectueuse.

Nous aurons passé trois jours sur la plus belle île que nous ayons jamais vu – mais chut! Ne le dites à personne... On aimerait y revenir dans quelques années sans tomber sur un Burger King...

Le lendemain, à la même heure, nous respirons les douces effluves des jeepneys de Manille... La capitale philippines est une ville moche, polluée, crade. Tout le contraire du reste du pays. Si nous sommes ici, c'est pour reprendre notre avion demain... et avant cela, assister au concert de Black Eyed Peas! Super concert, même si nous étions un peu loin et que nous n'avons pas vu grand chose! Bon, histoire de prouver qu'on était bien là, deux p'tites photos quand même (zoom x12 quand même... on aurait dû piquer un appareil de paparazzi!)

                                Philippinos!      BEP rocks!

 

Comme toute les bonnes choses, le concert est passé très vite.

Notre séjour aux Philippines est lui aussi passé très, très vite. Sur notre carte du monde imaginaire, nous frappons le tampon « Coup de coeur » sur les Philippines, comme nous l'avons fait sur la Bolivie et l'Equateur quelques mois avant. Il faudra donc revenir...

 27 octobre. Nous sommes de retour à Kuala Lumpur – une journée pour visiter une partie de cette ville géante aux accents de Singapour... La mousson est de nouveau là.

Nous prenons l'avion pour Bangkok ce soir alors que la moitié des voyageurs de notre guest house ont fuit la capitale thaïlandaise pour venir ici... Apparemment, nous n'en avons pas fini avec l'eau.

Cebu Malapascua Black Eyed Peas Sequijor Cebu City