On the road!

 

Ushuaia – 4h50 du matin. Le réveil sonne... et nous nous réveillons à moitié. Le temps de prendre conscience d'où nous sommes et d'où nous allons: du bout du monde, nous partons pour Puerto Natales, au Chili.

Au programme, près de 17 heures de trajet en bus! Nous allons tester pour la première fois les légendaires bus argentins. Les sacs sont prêts; nous partons dans la nuit, chargés comme des mules, direction la gare routière d'Ushuaia, située à quelques minutes de notre auberge de jeunesse (oui, nous sommes encore jeunes). Sur place, quelques personnes attendent – les esprits sont encore trop endormis pour entamer la conversation.

5H30. Un car à étage semi-cama (demi-lit) arrive. Nos places sont réservées et peu de temps passe avant que Claire et moi ne saisissions les subtilités du semi-cama: c'est carrément la business class! Le car à peine parti, nous nous rendormons... et arrivons à Rio Grande (Argentine) 3 heures plus tard. Le temps de changer de monture, et nous voilà partis pour Punta Arenas au Chili: le gros morceau: une dizaine d'heures à travers le sud de la Patagonie argentine... et traversée du détroit de Magellan à bord d'un ferry, juste avant la frontière chilienne. Route magnifique, temps ensoleillé, car confortable, voisins de siège sympas: tout roule! Le décor qui défile les long de la piste me rappelle les reportages d' »Ushuaia » ou de « faut pas rêver ». Mais on y était à Ushuaia, et là, on rêve pas, on y est!!! Arrivés à la frontière. Tout le monde descend du car. Contrôle. Claire et moi, on sait pas pourquoi, mais à chaque fois qu'on se retrouve devant un douanier, on est pas à l'aise. On a rien à se reprocher, mais quand tu sais qu'un mec peut te foutre à poil quand il veut sans aucune raison, ben forcement, tu abordes le contact avec un léger stress. Et ce léger stress à tendance à devenir un peu plus que léger lorsque le gars te parle en espagnol (enfin, lui dit que c'est de l'espagnol... mais moi, je dis que j'ai rien compris) et te demande ton job (j'en ai plus), ton adresse (j'en ai plus) oú tu vas dormir ce soir ( si seulement je savais) et combien de temps du comptes rester au Chili (ca dépendra, laisse moi rentrer déjà)... Enchainant les « no se » « mas despacio por favor » et « no entiendo », j'ai l'impression qu'un contact se crée avec mon interlocuteur. Dans un bar, on aurait sûrement pu devenir pote. Mais là...Non, pas là.

Ouf! Il tamponne mon passeport, et je peux rejoindre Claire au contrôle suivant: celui de la police de l'agriculture. Il est en effet formellement interdit d'importer toute denrées alimentaire fraiche (viande, poisson, fruits, légumes) ou plantes au Chili. C'est écrit partout sur les murs et tous les guides ( le Routard en premier), le mentionnent de manière très explicite. Sauf que Claire et Tony, ils ont préparé une super salade mais (frais), tomates (fraiches) et thon (conserve – ça, c'est bon) à manger dans le car... Donc le stress remonte un peu – et une question me taraude: est.-ce qu'un inspecteur de la police de l'agriculture peut te foutre à poil au Chili? Pas le temps de penser. Nous décidons de frauder et de jouer les touristes qui comprennent pas au cas où... Les douanes, on connait, on les voit tous les jours sur le bateaux en Suisse, on a pratiqué. C'est bon, on prend un air de touriste détaché. Sauf que les chiliens, ils sont équipés comme à JFK avec un détecteur rayon X et que tous les sacs doivent passer dedans. Je m'apprête donc à expliquer la présence de produits illicites dans mon sac de mon plus bel espagnol façon le-chat-botté-dans-Shrek... mais non, même pas - ça passe! On reprend nos sacs, on monte dans le car. Bienvenido en Chili! Le pire, c'est que la salade, on a pas osé la sortir dans le car, et qu'arrivés à Puerto Natales, elle avait tournée. Morale: le crime ne paie pas!

Puerto Natales – 22h30. La journée à été longue et Il nous reste à trouver ou dormir... avant de nous lancer à l'assaut du Parc National Torres del Paine.

Le lendemain, préparation... Puerto Natales, c'est un peu le Disneyland des trekeurs où Space Mountain, le Train de la mine et Fantasy Land sont des boutiques North Face, Columbia ou Salewa. Impresionant. Ça tombe bien, il nous manque des pantalons de pluie et nous devons louer une tente: nous allons tenter le fameux « W », le trek le plus connu (et le plus beau d'après ce qu'on entend): 5 jours, 4 nuits, si la météo est bonne. Nous rencontrons des français qui en reviennent et nous confirment que c'est fantastique!