Nord Pérou: We love you!

Mancora... un parfum de vacances!

Petite ville au bord du Pacifique, Mancora est un peu la Mecque des surfeurs au Nord Pérou... Plage de sable fin, eau à 28 degrés et grosses vagues! Nous avons rejoint ce petit bout de Pérou en remontant une partie de la fameuse Panaméricaine, depuis Trujillo – encore un bus de nuit... avec une arrivée à 4 heures du matin cette fois! Descendus du bus, deux chauffeurs de tuk-tuk se battent pour nous embarquer... Aguicheurs, ils nous annoncent des hôtels tout confort pour 20 soles la nuit (5 euros)– prospectus couleur à l'appui. On commence un peu à la connaître, la chanson... et on ne croit pas une seconde à leur pipeau. Mais bon, il est 4 heures du mat', on est crevé, et on connait pas le coin. Une combinaison de facteurs qui nous incite fortement à monter dans ce tuk-tuk. Et les chauffeurs le savent. On choisit au hasard. Sac sur la pare-choc arrière. C'est parti.

L'air chaud est chargé d'iode et le bruit de la mer se dessine sous celui de la pétarade... Quelques minutes plus tard, nous voilà dans le « palace » promis par notre guide. Claire reste dans le tuk-tuk pendant que je pars voir les chambres. Le prix est bien de 20 soles la nuit. Difficile de décrire le lieu. Une chose est sûre, ça vaut pas plus! Chambre pourrie. Béton crado. Draps défaits. Moustiquaire jaunie. Fenêtre inexistante. Mûrs de 1m80 de haut terminés par un grillage percé.

Je repars vers notre chauffeur: c'est négatif! Pas de problème, il nous amène vers une autre hostel, « mieux, mais un peu plus cher... » Au passage, Claire lui fait remarquer que le prospectus qu'il nous a montré est bidon... « Ah mais oui, mais non! Cet hôtel là, il est à 80 soles la nuit, on s'est mal compris !». On part voir ce deuxième hostel et on profite du chemin pour repérer un ou deux autres hostels qui ont l'air pas mal de dehors. Arrivés au deuxième, on est accueilli par une demi-douzaines de chiens, dont un dogue Allemand presque aussi haut que Claire. Par acquis de conscience, je vais quand même voir les chambres... C'est un peu mieux, mais trop cher pour ce que c'est (50 soles), un peu loin de la plage et surtout, on est pas fans des clébards... On remonte dans le tuk-tuk et retournons vers un autre hostel. De nouveau un échec. Il est pas loin de 4h30 et on commence vraiment à être crevés. Je pars alors vers un des hostels qui avait l'air pas mal de dehors... Le California Beach Hostel. Un nom qui rime avec... Long Island Ice Tea cocktail, non? Je sonne et demande à voir une chambre. Je passe par un patio avec piscine. Les chambres sont super cools... Je demande le prix. 100 soles. Ah oui, quand même. Sauf que le mec à l'entrée avait dit au chauffeur de taxi que c'était 60 soles. Je lui dit. Il me dit, ok pour 60 soles. Je tente de descendre un peu. 45. Il me dit ok. Bon! 45 soles pour un hostel avec une grande chambre super clean, salle de bain, à deux pas de la plage, piscine... Vamos! On pose nos sacs ici! Claire n'en peu plus... et moi non plus! Je la laisse se mettre au lit et repars à la réception pour nous « enregistrer ». Pour être bien sûr de ne pas avoir de surprise, je confirme le prix. Le gars me regarde, tout souriant « Oui, oui, 45... par personne! ». Je me demande si le mec me fait une blague. Il me dit que non. Alors je m'énerve un peu, de mon plus bel espagnol. « Me prends pas pour un imbécile, tu me dis 60 pour deux et quand je dis 45, tu me dis ok... » Dialogue de sourd... je me dis que je vais devoir réveiller Claire et lui dire qu'on s'en va... Et puis, petit à petit, le gars redescend son prix. Résultat, 50 soles la nuit, mais je ne paye pas la première. Ça me va... je vais me coucher. Il est 5 heures. Le bruit des vagues me rappelle que nous sommes au bord de l'Océan... en plein hiver... il fait 30 degrés... Aaaaahhh ça sent les vacances!


8 heures du mat'. En hiver, à Mancora. C'est la saison du surf... et des travaux. Nous sommes réveillés au doux son des marteaux piqueurs et des ouvriers sur le toit. Merde! On l'avait pas prévue celle-là. Je me réveille donc... un peu malgré moi. Pour finir, l'hôtel – au demeurant super cool – n'a pas de wifi et on en peut pas utiliser la cuisine. Alors que la veille, on nous avait dit le contraire.

On laisse tomber... Ça nous donne une bonne excuse pour aller prendre le petit dej' sur la plage! Les pieds dans le sable, il fait déjà un temps magnifique et le soleil tape. Devant mes oeufs aux plats et mon café, j'ai une pensée émue pour tous les gens « normaux » qui à la même heure, sont en route pour le boulot (vous, peut être?!). C'est marrant, mais dans ces cas là, tes oeufs sont encore meilleurs et le café plus savoureux! Bon, nous aussi on y retournera bien assez tôt au taf... alors profite Tony, profite! Inspiration... les surfeurs sont déjà à l'eau. Devant nous, plusieurs gringos prennent des cours. Tour à tour, ils sautent sur leurs planches posées sur le sable. Le prof, un vrai Patrick Swayze péruvien, bat la mesure. Les vagues sont impressionnantes. Elles n'ont pas l'air si grandes, mais quand un surfeur glisse sur l'une d'elle, on se rend vraiment compte de leur taille. Entre 3 et 5 mètres. La vue est magnifique... On va se plaire ici! Fini le p'tit dej, on part un peu à la découverte du village. Un petit air de Californie flotte ici... et vu le nombre d'américains...on est pas les seuls à penser ça!

Direction la plage! On sort les serviettes et les maillots! Des vacances dans le voyage. C'est exactement cela qu'il nous fallait!

 

Deux heures plus tard, malgré quelques plongeons dans les vagues, il fait vraiment trop chaud. On rentre à l'hôtel. Arrivés, les 6 ouvriers squattent les 6 chaises longues au bord de la piscine... Bon, au moins, il vont plus faire de bruit! On est profite pour faire une petite sieste... vite écourtée par nos amis qui reprennent le boulot, revigorés par leur sieste. Bon... on va peut être penser à changer d'hôtel finalement... Je vais à la réception et demande si les travaux vont durer plusieurs jours. «  No hay problema Señor!On est vendredi, dans deux heures c'est fini et demain, il ne travaillent que le matin!  Quant à dimanche... Au Pérou, on travaille pas le dimanche, on va à la playa!».

Mon cul oui! Les mecs ont enchainés du 8h-18h vendredi, samedi et dimanche. On a cherché à changer d'hostel, mais malgré une dizaines visités, on pas trouvé un meilleur rapport qualité prix... alors on fait avec! Et on va pas se plaindre... Les ouvriers sont plutôt sympas et on passe nos journées dehors. Mais bon... on se dit aussi qu'au Pérou (comme dans beaucoup d'endroits), quand c'est pas cher, c'est qu'il y a un truc... et c'est cher quand même... Enfin... vu l'hotel... On garde le sourire!

Nous sommes restés 5 jours à Mancora – le temps de retrouver une dernière fois nos amis belges, que nous allons quitter... pour de bon cette fois. Nathan et Jasmine rentrent en Belgique dans quelques jours. Nous aurons passé quasiment 6 semaines à se suivre et à se retrouver. Plusieurs fois, on a cru se dire au revoir, mais tout le temps on a fini par se retrouver sur le chemin... La prochaine fois sera sûrement en Europe! Nos routes se séparent: ils retournent à Lima, après avoir parcouru le Pérou et la Bolivie pendant 5 mois. Pour nous, c'est direction le nord et un nouveau pays: L'Equateur.

    

Bon retour à nos amis belges! et..Nous ,...nous quittons Mancora le 14 juillet. Bonne Fête la France!

Pour rejoindre l'Equateur, nous avons choisi de prendre le chemin le plus court, en longeant l'Océan Pacifique et en passant par Tumbes au Pérou et Aguas Verde en Equateur. Cette frontière a mauvaise réputation. On a entendu beaucoup d'histoires de vol et d'agressions. La ville de Tumbes est réputée pour être une des plaques tournantes du trafic de cocaïne entre le Pérou, producteur et l'Equateur, exportateur vers les Etats-Unis. Juste avant de prendre le bus, nous rencontrons un hollandais plutôt flippé qui nous dit qu'il s'agit de la frontière la plus dangereuse d'Amérique du Sud... Bon, ça nous met dans l'ambiance. En gros, il faut pas traîner dans le coin.

Nous avons acheté un billet de bus qui nous fait traverser la frontière sans avoir à descendre du véhicule. Une fois le « point chaud » passé, nous pourrons faire les formalités administratives et changer de bus. C'est du moins ce que le vendeur nous a assuré. On espère que ça sera vraiment le cas. Les deux heures de trajet qui séparent Mancora et la frontière équatorienne sont donc une peu tendues pour nous. On sait pas trop à quelle sauce on va être mangés... Et finalement, tout se passe comme sur des roulettes. Nous passons bien la frontière sans problème. Nous traversons le fameux pont et le marché qui sont les endroits à évités à pied. On comprend pourquoi. Des dizaines de petites ruelles, une foule grouillante, des regards un peu bizarres (à moins que ça ne soit la parano de Tony!)...

Une fois à Aguas Verde, notre bus nous laisse. Nous prenons un autre bus qui nous conduira à Cuenca, plus à l'est. Nous passons au poste frontière équatorien, bizarrement situé à plus de 10 bornes de la frontière même. Nous sommes les seuls gringos du bus et tous les passagers nous attendent pendant que nous faisons la file pour faire tamponner nos passeports... Petit sentiment de solitude. On passe pas trop dans le paysage... surtout la p'tite Claire et ses mèches blondes!

Tampon fait – on reprend le bus pour Cuenca! Il est environ 17 heures. 4 petites heures de route nous attendent. Le bus bombarde. Encore un pays où les chauffeurs de bus sont tarés! Je comprends pourquoi ils n'y pas de champions de F1 bolivien, péruvien ou équatorien: ils sont tous chauffeurs de bus en fait!

Au bout de 10 kil', gros contrôle de la police, qui bloque les cotés de la route. Deux robocops avec fusils à pompe montent dans le bus et contrôlent les sacs. Le sigle « AntiNarco » esptampillé sur leurs gilets pare-balles ne laisse pas vraiment de doutes sur ce qu'ils cherchent. Un des robocop s'arrête à hauteur de nos sièges et nous regarde. Je sens qu'il fixe Claire derrière ses lunettes noires... Puis il tourne la tête vers moi « Bienvenidos en Ecuador Amigos! ». il retourne vers ses collègues et sortent du bus... qui repart à toute berzingue.

Sur la route plutôt confortable, un nouveau paysage défile: le vert domine tout. Des plantations de bananiers sur des kilomètres et une végétation d'une densité qu'on avait pas vu depuis la jungle bolivienne. Une heure plus tard, nous arrivons dans une ville. Le bus jusqu'alors à moitié vide est bondé d'écoliers qui rentrent à la maison. Claire et Tony en immersion! Nous sommes un peu les attractions du bus. Les gamins nous demandent d'où on vient, où on va et nous parle en anglais. Deux heures plus tard, c'est un groupe de jeunes qui montent dans le bus – passablement éméchés, ils nous proposent un alcool de sucre de canne. En bon touriste, Tony se doit d'accepter l'hospitalité! Et c'est super bon! Après deux verres, je me reprends un peu.. et refuse poliment le troisième. Notre première journée en Equateur est plutôt riche! En émotion, en rencontres... et en fatigue. Arrivés à Cuenca à 22h00, soit 12 heures après notre départ, nous prenons un taxi direction un hostel en centre-ville.

Surprise. Alors que nous pensions arriver dans l'un des pays les plus pauvres d'Amérique du Sud, nous passons devant un nombre incroyable de concessions automobiles américaines, de fast foods, de restaurants, de boutiques... Cuenca n'a rien à envier à une jolie ville américaine! Nous sommes un peu... désappointés. Mais la ville a beaucoup de charme, avec un côté assez bohême, artistique..et notre hostel est génial – et il peut – les prix sont à la hausse... et ici, tout se paye en dollars US! (on apprendra plus tard que Cuenca est la ville d'équateur où beaucoup d'américains viennent s'installer, d'où un niveau de vie très élevé..empêchant aussi les équatoriens de pouvoir acquérir tout terrain...)

Deux jours plus tard, nous reprenons un bus, pour Guayaquil. Contraste saisissant entre les énormes malls commerciaux dignes des «States»! ou les 2.5km de promenade aménagée au bord du fleuve Guayas avec pas moins d'un policier tous les 10mètres..et le reste du centre-ville grouillant de vie dans tous les vieux quartiers aux rues bordées d'immeubles vétustes.. Plus grosse ville du pays, Guayaquil n'est pas seulement le premier port exportateur de cocaïne vers les Etats-Unis... C'est aussi le point de départ d'une destination mythique pour beaucoup: L'archipel des Galapagos.

 

Darwin: LES MARMOTTES DE L'EXTREME DEBARQUENT!

→ voir les photos de Cuenca & Guayaquil

→ attendre encore un peu avant de faire des « whaaaa » devant celles des Galapagos!:)