Joyeuses Pâques!

28 août – Santiago.

Notre vol est ce soir. Nous partons finalement à 23h50... pour arriver le 30 à 8 heures du matin heure locale. Plus de 19 heures de vol pour 9 heures de décalage horaire. Je suis pas sûr d'être très frais à notre arrivée en territoire australien! En une dizaine de jours, c'est notre quatrième vol: Depuis Quito en Equateur, nous avons rejoint Santiago au Chili, d'où nous sommes partis pour atterir sur l'île de Pâques.... d'où il nous a fallu revenir 4 jours plus tard.

L'Île de Pâques fut la deuxième étape insulaire de notre voyage en Amérique du Sud. Après les Galapagos, nous avons donc rejoint cette île, mystérieuse à plus d'un titre.

Par sa situation géographique, car il s'agit d'une des îles les plus isolées au monde, perdue au milieu du Pacifique Sud, à distance égale de Santiago du Chili à l'est et de Papeete à l'ouest: près de 4000 kilomètres.

Par son histoire surtout: Sur cette petite île d'une superficie de 162 km carrés, (soit à peine plus du quart de la superficie du Lac Léman!) ont été sculptés près de 1000 moaïs, ces fameuses statues de basalte, emblème de Rapa Nui.

Arrivés à l'aéroport de Hanga Roa, seule et unique ville de l'île, nous sommes accueillis à la polynésienne: colliers de fleurs autour du cou et petit cocktail! Décidement, depuis notre départ de Santiago, une super bonne étoile flotte au dessus de nos têtes. Après avoir été upgradés en Business Class, nous voilà au paradis!!! Bon... pas donné, le paradis, mais la gentillesse des pascuans et la beauté de tout ce qui fait cette île le vaut bien, après tout.

 

business GRANDE CLASSE!

 

 

Notre hostel est derrière!

 

 

 

 

 

 

A peine débarqués, Claire et moi partons pour une p'tite marche en bord d'océan. Très vite, nous tombons sur plusieurs moaïs: ceux-ci sont disséminés un peu partout sur l'île, seuls ou alignés, ils mesurent plusieurs mètres de haut. Dos à la mer, ils semblent nous observer, nous scruter. Nous sommes surpris par la facilité avec laquelle ses statues sont accessibles. Rapa Nui est un musée à ciel ouvert. Certains moaïs sont couchés, d'autres debout.


Personne ne sait avec exactitude ce que représentaient ces sculptures, comment elles ont été érigées et transportées sur plusieurs kilomètres d'un bout à l'autre de l'île. Plusieurs thèses existent... et honnêtement, on est pas là pour trancher. Au contraire. Nous nous plaisons à imaginer des histoires, des hypothèses... on se prend pour des touristo-anthropologues... Comme la plupart des visiteurs qui ont la chance de fouler le sol de cet endroit unique.    Ce que l'on sait, c'est que la civilisation pascuane n'a laissé que très peu d'indices de son histoire... Et qu'encore une fois, l'Europe conquérente à été à l'origine de la disparition d'un peuple, de son histoire, de sa culture. Il s'agit d'une constante en Amérique du Sud et on commence à le croire (il serait p'tet temps!) dans le monde. Les espagnols en premier lieu, les portuguais, les anglais, les français ensuite. La taille des blocs, les expressions sur les visages figés. Des centaines d'années après, ces scuptures forcent toujours le respect. Elles n'ont visiblement pas été toujours respectées, puisque toutes se sont retrouvées face au sol à la suite de guerres intestines entre les différentes peuplades de l'île... avant que certaines ne retrouvent de leur superbe il y quelques années seulement. Redressées par des équipes occidentales ou japonaises, entre autre, pour favoriser le tourisme.

Car l'ìle de Pâques est une destination touristique récente: aujourd'hui, un à deux avions attérissent chaque jour... alors qu'il y a trente ans, un bateau militaire chilien ravitaillaient les 3000 habitants... une fois par an!

Nous avons trois jours. Pas un de plus. L'île est petite, certes, mais nous devons en faire un maximum: on est pas sûrs de revenir. Dès le lendemain matin, nous louons donc un petite 4x4 et parcourons les routes et pistes à la recherches des sites repertoriés sur notre carte. De surprises en emmerveillements, nous allons d'un site à l'autre et découvrons, en plus des sculptures et petroglyphes, une nature magnifique et des lumières impressionnantes (petite pensée pour Oliv' qui serait sûrement devenu fou avec son reflex!).

 

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A la différence des Galapagos, ce n'est pas la faune qui est impressionnante. Elle est même plutôt « commune ». Les animaux les plus rencontrés sont les chevaux, les vaches et.... les coqs. Je n'ai jamais vu autant de coqs de toute ma vie. Et surtout, plus grave... je n'ai jamais entendu autant de coqs de toute ma vie. Ca paraît rien, un coq. Mais attention, c'est pas un coq par village. C'est 2 ou 3 coqs par MAISON! (je ne parle pas des poules, les poules font des oeufs et pas de bruit, je vote donc pour). Mais les coqs... les COQS!!! Les coqs sont ce qui séparent Rapa Nui du paradis. Tous les matins c'est un concert cacophonique que toute l'île entend – entend, que dis-je, endure! Personne n'est épargné. Les pascuans sont habitués... mais pour nous, c'est un véritable enfer! Heureusement, malgré l'éloignement du continent, il n'y a que deux heures de décalage avec Santiago. Résultalt: le jour se lève vers 8 heures... ce qui nous laisse un peu de répit. Au deuxième jour, j'évoque deux théories: la première, que les pascuans ont vécu dans les grottes pendant tout ce temps pour fuir les coqs. La seconde, que le gouvernement chilien a fait preuve de clémence à l'égard du repos des pascuans en établissant à seulement deux heures le décalage horaire, encore une fois, à cause de ces p..... de coqs. Théories « mignones » selon Claire, qui ne manque pas de me rappeler que, tout d'abord, les coqs sont arrivés avec les premiers bateaux européens... et qu'ensuite, la clémence n'était pas vraiment un mot faisant parti du vocabulaire du gouvernement chilien, passé comme actuel. Bon, ok, j'aurai p'tet pas fait un bon anthropologue... et certainement un piètre historien.

PULL!

Nous passons les deux jours suivants à visiter et revisiter les sites, à se balader sur la seule et unique plage de sable de l'île (sortez les cartes postales les cocos!), à grimper un des trois volcans, à déguster des empanadas aux crevettes et au thon fraîchement pêchés, à boire de l'Hinano, la meilleure des bières tahitiennes (avec partimonie, par respect pour nos foies... et les médecins de nos familles, qui nous surveillent!)... et à prendre des photos, des photos et encore des photos. Une impression de vouloir arrêter le temps, de graver toutes ces images sur la carte SD et dans nos têtes, pour revivre ces moments exceptionnels encore et encore... résultat: Record battu! 600 photos en 3 jours.... et seulement 35 sur le blog. Vous vous doutez que la sélection a été pour le moins « agitée » au sein du comité de rédaction (Claire, Tony et une partie de l'île!). On se sent bien ici. Tellement bien que les pascuans nous prennent pour des tahitiens en vacance! Passer du haut-savoyard au tahitien en 6 mois. Je crois qu'on peut dire que le voyage change un homme!

Plus vite qu'il ne faut de temps pour dire « classe économique », nous retrouvons le tarmac de l'aéroport de Santiago, les 11 degrés de l'air andin et l'hostel Providencia. Nous voilà pour la dernière fois du voyage dans une ville hispanique... Les pieds sur le sol chilien, le coeur qui balance en plein pacifique sud, la tête dans les nuages. Et cette impression d'être entre le sommeil et le réveil, à l'instant précis où le rêve se confond avec la réalité. « Hola Chicos!!! Taxi? ». Réveil. « No gracias, vamos a tomar el bus... »  Blonde - Maison sur le dos – capuche – pesos – il manque rien: action! Dans deux jours, on est en Australie. La vie est belle, non?

 

 

Homme Oiseau de Rapa Nui