inondations

same same! But different.

 12 novembre - 22h30

La porte du taxi se ferme. Dans la Toyota rose, Amélia nous fait bye bye. Cousine repart pour la Suisse après deux semaines passées avec nous.

Un peu tristounets, Claire et moi retournons dans notre chambre de l'hostel White Lodge et enjambons quelques sacs de sable pour rentrer dans le couloir. Il y a deux semaines, ces sacs étaient déjà là. L'eau, elle, n'est heureusement jamais montée jusqu'ici.

Lorsque nous sommes arrivés à Bangkok le 27 octobre, il faisait nuit. Depuis notre avion, nous n'avons pas vu l'étendue d'eau qui recouvrait tout sur des centaines de kilomètres carrés autour de la capitale. Un peu stressés quand même Claire et Tony. La veille, nous avons croisé à Kuala Lumpur un américain qui nous disait avoir « fuit » Bangkok, comme des centaines de touristes. La ville attend la pire inondation depuis 50 ans. Déjà, des quartiers entiers du nord de la ville sont « condamnés ».L'aéroport national de Bangkok est fermé jusqu'à nouvel ordre, sous l'eau. En gros, la situation telle que décrite par les médias est tout bonnement catastrophique.

Arrivés à l'aéroport vers 1 heure du matin, nous nous engouffrons dans un taxi direction Siam Square, quartier relativement éloigné du Chao Phraya, fleuve qui traverse Bangkok. Le chauffeur roule à toute allure et zigzague entre les quatre voies de l'autoroute. Deux choses nous surprennent. D'abord, il n'y a quasiment personne sur la route. Ok, il est tard, mais bon, on est à Bangkok... et près de 12 millions de personnes vivent ici. Ensuite, il y a des centaines de voitures garées sur la file gauche de l'autoroute. Notre chauffeur nous fait comprendre dans un anglais très « thaï » que les habitants mettent les voitures à l'abri de l'eau, sur les autoroutes surélevées... Ambiance.

Arrivés devant le White Lodge hostel, nous prenons une chambre et quelques minutes plus tard, je pars acheter de l'eau. J'entre dans un «7 Eleven» et découvre des étagères vides. Plus d'eau, plus de coca, plus rien à boire. Trois épiceries de nuit plus tard, je n'ai toujours pas de flotte. Les habitants ont dévalisé les magasins, qui ne sont plus livrés à cause des inondations. Je trouverai finalement trois petites bouteilles dans un hôtel 4 étoiles... de l'eau thaïlandaise plus chère que de l'Evian!

Le lendemain, nous partons nous dégourdir les jambes. Partout, des sacs de sables recouvrent le sol. Les magasins, les restaurants, les hôtels, les bâtiments publics...tous ont disposé des sacs devant leurs façades. Certains, plus prévoyant ou plus effrayés selon les points de vue, ont même construit des petits murs de béton censés mieux protéger leurs intérieurs.

Bangkok se prepare...

Nous savons que la situation est sérieuse et pourtant, nous ne nous sentons pas en danger. Difficile de savoir quoi penser.

Les images les plus inquiétantes, nous ne les verrons pas ici à Bangkok, mais sur le site du Figaro. Le journal annonce un danger immédiat sur la ville, des risques d'épidémie, de pénuries d'eau et de produits de première nécessité, des risques de soulèvement de la population.

En gros, on est exactement là où il ne faut pas être, selon les médias. Et pourtant, nous croisons tellement de sourires. Soyons clairs, la Thaïlande connaît une des pires inondations de son histoire. A ce jour, près de 400 personnes ont perdu la vie dans le pays à cause de la montée des eaux. La situation est réellement catastrophique pour le pays, qui voit pourrir son riz et rouiller ses industries sous cette eau, un peu plus tous les jours. Seulement voilà, ça, ça n'est pas assez catastrophique pour les médias. Pas assez « crispy », pas assez « sensationnel ». Un reporter, les bottes dans l'eau, annonce que la capitale pourrait être noyée, que les crocodiles, échappés des fermes alentours, sont aux portes de la ville. Il conclut son truc par « LE PIRE est à venir », avant de remonter sur le trottoir et de partir pour le Mc Do du coin. Mission accomplie, on a foutu les boules à tout le monde.

Ça me rappelle un peu le film reportage « Bowling for Columbine » de Michael Moor. J'avais (presque) oublié à quel point nous vivons en France, en Suisse, en Occident, dans une société de la peur. La peur du futur, la peur de la crise, la peur du mauvais temps...et par dessus tout, la peur des autres. La façon dont les médias relatent les événements du monde est clairement liée à cela. Tous les jours, on reçoit une nouvelle dose de « freak out » par des gens qui se disent des professionnels de l'information. Ils sont en effet des professionnels, des pros du spectacle. La situation est assez catastrophique comme ça. Le « pire » est déjà arrivé pour les thaïlandais. Ce n'est pas en faisant croire à l'Europe entière que tout le monde va se faire bouffer par les crocos que les touristes vont revenir.

Bon! Voilà, Tony a poussé son coup de gueule! Si ces phrases sont sur le blog, c'est que l'auto censure n'aura pas été aussi efficace que d'habitude: tant mieux!

Reprenons notre petit récit de voyage sans vague (mauvais jeux de mot). Nous voilà donc à Bangkok, on reçoit des messages de la famille pour nous demander si on a bien nos nageoires avec nous... et d'Amélia qui vient de voir les infos de la TSR. Pour rassurer tout le monde (y compris nous, on avoue!) nous décidons de prendre un vol Air Asia pour Phuket le soir même de l'arrivée d'Amélia. Le sud du pays est totalement épargné par les inondations... on visitera Bangkok à notre retour du sud, dans 15 jours... D'ici là, la situation devrait s'apaiser...

Pauv' cousine! A peine débarquée de 14 heures de vol Genève – Doha -Bangkok, on l'enchaine avec 6 heures d'attente à l'aéroport, 2 heures de vol et 2 nouvelles heures de minibus pour rejoindre Kata, petite ville méga touristique au sud Phuket. Mais cousine 'Mélia, c'est une machine de guerre, elle assure... Bon, on a pas sorti la p'tite Arvine tout de suite quand même... on a attendu le lendemain!

Nous arrivons vers minuit dans ce que nous croyons être un hostel. Le chauffeur du minibus nous arrête devant ce qui nous paraît être... un petit palace. Je reconfirme l'adresse avec lui – c'est bien ici. Je me dis que j'ai mal compris le prix au teléphone. La propriétaire, qui nous attendait (nous sommes les seuls clients ce soir!) me dit que non... avant de nous remercier d'être vraiment venus! Nous avons connus les indonésiens gentils et ouverts, les philippins accueillants et chaleureux. Quelque chose me dit que les thaïlandais... seront pas mal du tout!

 Le lendemain, nous préparons notre plan de bataille pour les 15 jours à venir. Au programme, les fameuses Koh Phi Phi et les non moins fameuses Koh Lanta... sans oublier Khao Lak et les mythiques îles Similan. Le plan est dressé. La Petite Arvine est fraîche... Nous partons pour un petit apéro tranquille. Deux heures plus tard, la plus tranquille d'entre nous – Claire – abandonne le champ de bataille et bat en retraite. Boostés par nos retrouvailles, 'Mélia et moi partons à l'assaut des bars de la ville... Honteux, j'avoue de pas me souvenir avec précision de la manière dont j'ai rejoint ma couchette... vers 4 heures du mat'. Ce que je sais, c'est que pour moi, Hangover, en Thaïlande, ca n'est pas seulement un film.

claire et tony, la p'tite arvine.... une vraie histoire d'amour!

Le lendemain, réveil à 8 heures. Nous partons pour Koh PhiPhi. Je suis pour le moins vaseux... mais à l'heure. Le minibus doit passer à 9 heures. Vers 8h50, un minibus s'arrête devant notre hôtel – le chauffeur tient à la main une liste de passagers. Deux français qui attendent avec nous montent dans le véhicule. Je jette un coup d'oeil à la liste du chauffeur et y voit mon nom, le numéro de notre chambre et le nombre de personnes -3- à embarquer. A coté, le nom d'un autre hôtel. Je dis au chauffeur que nous sommes sur la liste, mais le type, qui a visiblement passé une soirée aussi arrosée que moi, me dit que ce n'est pas le bon hôtel. Faisant appel à mes restes de cours de communication interculturelle , je souris et joins mes mains en me plaçant de trois quart devant lui afin de permettre le dialogue et non la confrontation, en lui indiquant mon nom, le numéro de ma chambre et le nombre de tickets que nous avons. Le gars me dit « pas mon problème », ferme le coffre, grimpe dans son minibus et passe la première.

Note pour plus tard: arrêter de croire que tous les asiatiques sont cools et souriants.

Deux minutes plus tard, j'appelle l'agence qui me dit qu'elle me rappelle, ce qu'elle fait. 5 minutes plus tard, le minibus revient. Le chauffeur descend, ouvre le coffre et me crache de jeter nos sacs là.

Note pour tout de suite: Éviter d'insulter un chauffeur petit, mais costaud et probablement adepte de boxe thaï.

Assis à l'arrière du minibus, je combats avec l'énergie du désespoir un mal de crâne décidément coriace, une envie de rendre mon p'tit dej' plutôt mal à l'aise dans mon estomac et une chaleur difficile à supporter. Bref, ca va pas. Et je suis un peu inquiet: 1 heure 30 de bateau nous attend pour rejoindre Koh Phi Phi. Allez Tony, t'en as bu d'autres... Courage! Il faut dire que je ne peux compter que sur moi-même: 'Mélia mène elle même un combat avec son propre Hangover et Claire, fraîche comme la rosée matinale, se marre. Pas vraiment solidaire sur ce coup là. Il faut dire que je lui avais dit qu'on rentrerait vers minuit au plus tard.

Note pour plus tard: arrêter de s'obstiner une donner à ma chérie une heure de retour que je sais trop raisonnable lorsque je pars boire des verres avec ma cousine.

Note pour maintenant: trouver une bouteille d'eau gazeuse et si possible un truc du genre doliprane.

Arrivés sur le port, nous découvrons à quel point la Thaïlande est un beau pays... et à quel point tout le monde le sait. Nous sommes 200 blanc becs à attendre gentiment le coup d'envoi pour l'embarquement. Il va falloir jouer serré si on veut avoir une place assise. Considérant qu'il s'agit d'une situation d'urgence humanitaire pour moi-même, j'avoue n'éprouver aucun remord à jouer des coudes avec un hollandais, marcher sur le sac d'une allemande et expliquer à un australien que les trois sièges sur lesquels je viens de sauter sont pris. Mission accomplie. Il reste plus qu'à espérer que ca va pas trop tanguer...

La mer à été plus clémente que les bières ingurgitées la veille... Nous arrivons au port de Koh Phi Phi l'estomac plein!

A peine débarqués, nous nous retrouvons au milieu d'une marée humaine: entre les rabatteurs, les blancs becs qui arrivent (nous) et ceux qui partent, c'est un véritable bordel thaïlandais (il fallait bien la sortir celle là). On a jamais l'occasion de faire deux premières impressions... Et Koh Phi Phi ne marque pas des points à notre arrivée. Village surpeuplé, dizaines de bars, musique à fond partout... et « buckets » empilés devant toutes les boutiques. Pour info, les buckets sont des seaux vendus avec une bouteille d'alcool fort et une bouteille de soda. Le but du jeu étant de remplir le seau avec le mélange des deux et de boire le tout à la paille, en se trémoussant au son des boom boom des bars, les pieds dans l'eau. Je me dis que j'aurais aimé Koh Phi Phi à 20 ans. Peut être même à 25. A 31 ans... je suis moins sûr. Le fameux hangover y est certainement pour quelque chose. Ce soir, ça sera thé vert.

Nous trouvons une chambre à l'arrière du village, dans une partie épargnée par les bars et tout ce qui va avec. Nous avons prévu 3 ou 4 jours à Koh Phi Phi. Demain, départ pour un tour de Long tail boat pour les îles des environs. Parmi elles, une île particulière, chère à Claire et Tony... L'île de « La Plage », la fameux film avec Léo. En attendant, dodo.

 8 heures. Le réveil sonne. Je n'arrive pas à y croire: j'ai TOUJOURS mal au crâne! Un bon café arrange heureusement tout ça. Nous partons pour le port et embarquons sur un bateau. Nous passons une journée incroyable: îles magnifiques, eau à 30 degrés, snorkellings incroyables... Nous finissons la journée sur Maya Beach, LA fameuse plage... On se sent... pas du tout seuls au monde: on retrouve les 200 blancs becs de la veille. Bon, on s'en doutait, on est pas les seuls à avoir vu le film. Décidés à apprécier le moment, assis sur le sable blanc, Claire, 'Mélia et moi regardons la baie devant nous, et un par un, les autres touristes disparaissent... Instant magique.

Tony bulle!

 

 Nous rentrons de cette journée des Némos pleins les yeux... Koh Phi Phi fait une magnifique deuxième impression... et nous voulons rester sur celle-ci. Nous décidons donc de quitter l'île dès le lendemain pour rejoindre un nouvelle île, tout aussi célèbre: Koh Lanta!

Le soir même, nous partons à la recherche du meilleur deal pour un billet de bateau nous menant à Koh Lanta. Tony, tout fier, dégotte des billets à 300 baths dans une bicoque à coté de l'hôtel. Les agences elles, vendent les billets 400 baths.

La deuxième nuit à Koh Phi Phi fut la bonne. Bien dormi, réveillé frais comme un gardon du lac léman, grosse patate, tout content de partir à Koh Lanta. Le bateau part à 11 heures. Nous prenons un p'tit dej de champion avant de quitter notre hôtel et de rejoindre le port. À 10h50, nous sommes sur l'embarcadère. Je tends mon billet, prêt à embarquer. Et là...Patatrac.

Le gars nous dit que le billet n'est pas valide pour ce bateau.

Stupeur. « Mais là, juste là, c'est marqué 11h00! » Bah oui, mais non. C'est pas la même compagnie et là, il y a pas de bateau. Peut être à 15 heures. Ou alors, il faut vous faire rembourser à l'agence et acheter des billets chez moi. C'est 350 baths.

Tremblements. Deux allemands à coté sont dans le même cas que nous, mais leur agence a refusé de rembourser les billets.

Je jette un coup d'oeil aux nôtres et distingue très nettement un « non refundable » bien gros sur le dos du billet. Bon, il est moins dix. L'hôtel est à 15 minutes de marche. On négocie avec le type d'attendre 20 minutes avant de partir: je pars en petite foulée, décidé à faire brûler la p'tite bicoque à coté de l'hôtel juste après avoir récupéré nos sous.

Au bout de 5 minutes de course dans les ruelles du village, plusieurs points illuminent mon esprit désormais éclairé:

  1. à 11 heures du mat', il fait chaud à Koh Phi Phi, très très chaud.

  2. les tongs Havaianas ne constituent pas une option fiable pour la course à pied, quelle que soit la durée de la course ou la température extérieure.

  3. Compte tenu des deux points précédents, tu passes soit pour un fou (dans le meilleur des cas) soit pour un con (dans le pire) quand tu trottes façon coureur de fond devant les terrasses de Koh Phi Phi. Sensations mêlées d'un sentiment d'une solitude extrême et de l'illusion que si les gens t'applaudissent, c'est parce qu'ils pensent que ce que tu fais est réellement un exploit.

    Arrivé à la bicoque, il est 10h57. Chauffé par ce petit entraînement, je suis prêt pour la joute verbale. D'un anglais très posé, j'explique la situation à la vendeuse de faux billets et précise d'emblée que je partirai pas tant que j'aurai pas les sous – mais que j'ai pas le temps d'attendre non plus.

Ayant obtenu gain de cause 2 minutes plus tard, je repars à toute berzingue direction l'embarcadère. J'imagine un itinéraire différent sur le retour afin d'éviter les fans qui m'ont applaudi sur l'aller... mais abandonne cette idée, pressé par le temps. Laissant derrière moi ma casquette juste à coté de ma fierté, j'ai droit à une mini ôla en passant devant la terrasse du Crazy Scuba Diver. Devant moi, l'embarcadère n'est plus qu'à 500 mètres à vol de goéland. J'évite de justesse un bucket tombé (par hasard?) sur le sol glissant – heureusement, la gomme des havaianas était chaude, permettant un adhérence surprenante. Plus qu'un virage, je décline gentiment l'offre des vendeurs de colliers de fleurs (putain ils doutent vraiment de rien ces mecs là!) et m'engage sur la dernière ligne droite. Au loin, le bateau est encore là. Mais un grand « PPPPPOOOOOOOOOUUUUUUUTTT » sort du navire! NNAAAAAOOOOON !!!! Il embarque!!!! Je gesticule dans tous les sens, en direction de Claire et 'Mélia, tel pieuvre-man. A 30 mètres du navire, j'attends un petit miracle. Et à 10 mètres, le miracle arrive. Ce n'est pas Moïse qui ouvre la mer en deux, mais cousine 'Mélia qui, empêche le matelot de lâcher le bout du bateau!

3 secondes plus tard, je me liquéfie sur le pont du bateau, au milieu de 200 blanc-becs. Super content de mon exploit... je cherche l'admiration ou à défaut la reconnaissance dans les regards de ma cousine et de ma chérie. 'Mélia attendra une dizaine de minutes pour me dire « c'est con, trente secondes après que tu sois parti, ils ont laissé les allemands monter sur le bateau... on a essayé de t'appeler, mais t'étais tellement bien parti... ».

Il est 11h23. On quitte Koh Phi Phi et j'entame ma deuxième bouteille d'eau gazeuse.

Koh Lanta. Nous arrivons sur l'île un peu plus de deux heures plus tard. On ne sait pas trop à quoi s'attendre. Très vite, nos craintes d'un Koh Phi Phi bis fondent comme neige au soleil. Nous trouvons sur cette île un nouveau petit coin de paradis... Nous y resterons 4 jours a profiter de l'eau turquoise, du sable blanc et de la délicieuse cuisine thaïe.

Nous y ferons aussi connaissance d'un couple de français vraiment très cool, vivant à Shanghaï... Au cours de discussions, nous nous apercevrons qu'ils connaissent bien un autre couple de français installé à El Nido aux Phillipines et chez qui nous avons pris notre peitt dej à plusieurs reprises... le monde est si vaste, mais reste tout petit!

Koh Lanta, une nouvelle pause dans le voyage, comme Sucre, Quito, Bali. Les batteries refont le plein.

Mais paradoxalement, comme à chaque fois que nous tombons dans un endroit comme celui-ci, les sacs sont un peu plus lourds à porter au moment du départ.

Allez, on se motive! Après le remake de « La Plage », nous partons pour celui d'un des plus mythiques James Bond. Prochaine étape: Phang Nga, petite ville musulmane située à coté d'une baie magnifique qui abrite plusieurs dizaines d'îles au milieu de la mangrove. Parmi toutes ces îles, une rendue célèbre par Hollywood: C'est ici que la sortie de l'eau d'Ursula Andress a déboussolé Sean Connery (et plusieurs d'entre nous!) dans le célèbre James Bond contre Dr No.

Arrivés à la gare routière en fin d'après-midi, nous avons dans l'idée de partir en excursion dès le lendemain. Nous partons dans une agence, qui nous annonce que demain, c'est impossible... Persuadés qu'impossible n'est pas thailandais, nous demandons des explications.

Demain, c'est la fête, demain c'est l'aïd el kebir: les pêcheurs – tous musulmans - qui amènent les touristes découvrir cette véritable baie d'halong thailandaise, ne travaillent pas. Pas vraiment convaincus par le discours du type de l'agence, nous retentons le coup auprès de notre hostel où une charmante dame nous confirme que les pêcheurs ne travaillent pas le lendemain... mais arrange notre affaire: un taxi passera nous prendre vers 10 heures... un pêcheur nous attendra au port.

Bon... on espère que c'est pas une fausse bonne affaire comme le coup des billets de bateau de Tony. Mais la p'tite dame à vraiment l'air gentille (certains diraient « et alors??? », d'autres « justement! », mais non, Claire et Tony, on fait confiance. Des fois, on peut avoir tort, mais très souvent, ca paye et on a raison. Notre p'tite dame nous demande quels sont nos plans pour la soirée. Intrigué, je prête l'oreille. Elle nous dit d'aller faire un tour à la Fête qui à lieu ce soir: C'est à quelques minutes à pied de l'hôtel.

Convaincus, 'Mélia, Claire et moi partons vers la « Fête », guidant notre pas au bruit de la musique au loin. 10 minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une vraie fête foraine avec manèges, scènes de concert, stands de grillades d'insectes (Tony fera son p'tit string et n'essaiera même pas une patte de grillon géant ou un petite larve grillée...), boutique de fringues (pour le plus grand plaisir de Claire et 'Mélia) et... une démonstration de tunning à la Thaïlandaise! Bref, une foire du trône comme chez nous, mais différente. Je comprends en partie la fameuse phrase que les thaïs nous disent souvent pour nous expliquer comment les choses fonctionnent ici: « Same same, but different ». C'est vrai que la Thaïlande a cela d'exceptionnel qu'on s'y sent à la fois chez soi... et très loin de la maison.

Le lendemain, 10 heures. Un taxi nous attend. C'est parti! Trente minutes plus tard, nous embarquons sur un long tail boat et faisons connaissance avec notre guide-pêcheur. L'embarcation fraye son chemin à travers la mangrove. Les quelques bateaux que nous voyons sont ceux de pêcheurs visiblement pressés de rentrer à la maison. Alors que des dizaines de bateaux-touristes circulent d'ordinaire sur cette eau mi-douce mi-salée, nous sommes les seuls blancs, les seuls touristes. On avait pas pensé à cela, mais l'Aïd El kebir, c'est aussi un peu la fête pour nous!

Après trois heures de visite, notre guide nous emmène dans un village incroyable: un ensemble de petites maisons sur pilotis accrochées à un gigantesque bloc de granite. Il nous propose de déjeuner dans un restaurant à touristes du village. Quand nous lui répondons que nous n'avons pas très faim, il sourit et nous dit: « ok, comme with me. I will show you around ». Nous le suivons à l'arrière du restaurant. Il ouvre une porte en bois et nous dit de le suivre. Nous passons dans les coulisses. Il va nous montrer son village. Notre guide vit ici. Il connait tout le monde – nous avons la chance de le suivre dans les ruelles sur pilotis, il nous fait la visite de l'école du village, nous montre le terrain de foot flottant- incroyable! - et les bateaux-pirogues de course qui font la fierté de leurs propriétaires. Nous rencontrons même sa mère, qui me vendra un T-shirt Chang. Bon, j'ai dit que les gens gentils.... bref!

Avant de repartir, il nous propose de nous arrêter sur une petite plage.« par contre, faites attention aux requins ».

Je lui souris du genre « la bonne blague! » en réponse de quoi lui remonte son pantalon sur le mollet gauche. Bouché bée, nous découvrons avec horreur les effets d'une attaque de requin. Il lui manque la moitié du mollet. Il nous explique que c'est arrivé il y deux ans, alors qu'il pêchait avec un ami. Son filet s'est bloqué sur quelque chose et il a dû plonger pour le décrocher. C'est là qu'un requin lui a attrapé la jambe. Heureusement, notre guide a pu remonter sur le bateau, aidé par son ami. Mais trois minutes plus tard, son pote à carrément tourné de l'oeil en voyant le sang couler de partout. Notre guide a donc dû se débrouiller pour rejoindre l'hôpital. Et ici, se débrouiller, ca veut dire ramener le bateau au port et prendre sa mobylette pendant une demie heure pour aller aux urgences de la ville la plus proche. Autant dire qu'il a eu très très chaud. Et on veut bien le croire. Heureusement, le hôpitaux thaïs sont vraiment bons. Bref, il s'en est tiré de justesse avec un bonne greffe de la peau. Le médecin lui a dit qu'a trente minutes près, il y passait. Same Same, but different.

Le menton sur les genoux, Claire lui confirme qu'on va pas aller se baigner. De retour, sur le quai du petit port, nous remercions notre guide, qui nous aura fait le plaisir, et même l'honneur, de nous raconter et de nous montrer une partie de sa vie.

Notre guide...

Le lendemain, nous quittons Phang Nga pour Kaolak. Dernière étape du Sud de la Thaïlande.. Dans cette petite ville reconstruite de toutes pièces après le tsunami de 2004, nous passerons 4 jours au rythme du farniente, du snorkelling et de la bonne bouffe. Nous assisterons a Kaolak à la fête de Loy Kratong - une des plus importantes du calendrier boudhiste: Lors de la nuit de pleine lune du mois de Novembre, les thais se réunissent pour rendre hommage aux divinités et confectionner ou acheter des plateaux de fleurs, qu'ils déposent sur tous les cours d'eau en guise d'offrande- Cette fête est très importante pour eux: à cette occasion, ils se "lavent" de leurs mauvaises actions, comme les catholiques lors d'une confession. Amélia, Claire et moi assistons à ces cérémonies très touchantes, et nous laissons prendre au jeu...

Claire et Tony font un voeu pour Loy KratongMais quel voeu peuvent-ils bien faire ces p'tits tourdumondistes déja tellement chanceux??? 

Nous terminons en beauté notre séjour dans le sud de la Thailande en visitant les îles Similan, un des plus beaux spots de plongées du monde! Un des plus beaux cadeaux que je n'ai jamais reçu.... pour mes 32 ans qui arrivent à pas de géant! A défaut des bouteilles, nous partons avec les palmes et les tubas...et même là, on regrette pas... Merci cousine!!!

Le temps d'une nuit de bus et nous voilà de retour dans la capitale thaïlandaise... Enfin, un nuit en bus, c'est long... surtout quand le bus a du retard. 

Claire et cousine attendent le bus à Kaolak....

Les deux semaines avec 'Mélia touchent à leur fin. La dernière journée à Bangkok se fera au rythme lent du marché de Chachutak, innondé et donc fermé, et intense de celui de siminiac, grouillant de monde. Déjà, il est temps pour cousine de partir pour l'aéroport. Main levée. Un taxi rose s'arrête devant nous.

Dans deux jours, nous changeons de partenaires de voyage: Adri et Nanou nous rejoignent à Bangkok!